La ville inclusive - Atelier Rezé Citoyenne

Retour sur l’atelier du 22 mars au Mékano
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Pourquoi ce thème ?

Le thème des solidarités et de la ville solidaire émerge du premier atelier sur les transitions organisé par notre association.
Quelques déclinaisons souvent citées par les participants :

  • Une ville contributrice / réparatrice de l’urgence sociale.
  • Ne pas laisser certains de côté et permettre à chacun d’être acteur de leur vie et de leur ville.
  • Quelles transitions construire pour favoriser la citoyenneté de tous les Rezéens, sans exclusion dans toutes ses formes ?
  • Comment éviter le repli sur soi ? L’isolement ?
  • Quels moyens, services, tiers lieux, médiation inventer, ré initier ?
  • Ne faut il pas réinterroger les investissements, contributions de la ville pour réorienter ces moyens vers cet objectif ?
  • Inclusion et santé quel service la ville pourrait mettre en oeuvre ?
  • Comment éviter toutes les fractures : numérique, énergétique ….

Quelques rappels sur l’inclusion

Le concept d’inclusion vient du monde anglo-saxon, à travers les notions de société inclusive. Il est lié aux mouvements des droits humains concernant les personnes handicapées, qui ont vu le jour et se sont développés dans les années 1960-1970 notamment au sein de l’ONU.
Depuis la notion a évolué, elle concerne les secteurs économiques, sociaux, culturels et politiques de la société notamment.
Parmi les 17 objectifs du développement durable fixés par l’ONU, le n° 11 rappelle le besoin impératif que «…les villes…soient ouvertes à tous, sûres, résilientes et durables…»
Le nouvel agenda urbain adopté à Quito, met l’accent sur la priorité à l’inclusion sociale et le droit à la ville pour tous

Les leviers d’action sont multiples :

  • l’accès aux infrastructures et aux services sociaux,
  • l’accès à l’information sous toutes ses formes
  • un système redistributif pour réduire la pauvreté dont l’exclusion sociale est l’une des conséquences,
  • la reconnaissance du travail non rémunéré,
  • l’accès à l’emploi,
  • la valorisation de manière égale de toutes les populations et communautés,
  • l’alphabétisation, et l’éducation, etc.

Quelques éléments à retenir sur le rôle de nos collectivités dans ce domaine.

Les départements sont aujourd’hui des acteurs incontournables dans :

  • la lutte contre l’exclusion et la pauvreté,
  • l’aide aux personnes âgées,
  • l’aide à l’enfance
  • l’aide aux personnes handicapées.

Ce rôle majeur dans le champ social leur a été attribué lors des deux premières phases de décentralisation en France en 1983 et 2003-2004. Si le département est le pivot de l’action sociale, les communes exercent une mission de prévention et de développement social à travers les centres communaux d’action sociale (C.C.A.S.). La commune intervient ainsi, selon les politiques publiques qu’elle mène dans les champs :

  • de l’aide à l’enfance et à la famille (participe aux actions de prévention, à la politique de la ville, finance les équipements à destination des jeunes et des familles) ;
  • de l’aide aux personnes handicapés exclusivement en favorisant les conditions d’accès aux lieux publics ;
  • de l’aide aux personnes âgées en gérant les maisons de retraite communales, en cofinançant l’aide sociale et en développant l’animation à destination de ces personnes ;
  • de l’aide à l’insertion et au développement social ;
  • de la prévention et promotion de la santé.

La loi du 13 août 2004 permet aux communes qui le souhaitent d’exercer la responsabilité de la politique de résorption de l’habitat insalubre. Sa clause de compétence générale lui permet d’étendre et d’innover.

3 témoignages ont illustré ce que peut être une démarche inclusive et des échanges ont permis d’enrichir la réflexion

Clémentine HODEAU Directrice de l’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée

L’association « Territoires zéro chômeur de longue durée », a pour objectif de proposer à tous les chômeurs de longue durée volontaires présents depuis plus de 6 mois, dans un territoire, un emploi à durée indéterminée adapté à leurs savoir faire et à temps choisi.
Fin 2016, dix territoires ont été retenus pour mener, pendant cinq ans, l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » prévue par la loi 2016-231 du 29 février 2016. Depuis, plus d’une centaine de nouveaux territoires ont manifesté leur intérêt pour ce projet.
L’idée : faire la preuve qu’il revient moins cher d’embaucher des chômeurs plutôt que de dépenser de l’argent pour compenser l’inactivité. Pour cela pose le postulat de partir des compétences des chômeurs, d’étudier les besoins du territoire et de mettre en place des activités qui correspondent. Cela peut aller de l’épicerie ambulante à l’aide aux démarches administratives, en passant par l’entretien d’espaces verts. Des activités qui ne doivent pas entrer en concurrence avec les entreprises locales.

Claude BASSET directeur des ateliers du Landas – Établissement «travail protégé» (Esatco) pour des salariés, en situation de handicap.

L’établissement propose des prestations dans des domaines tels : les métiers de bouche, les espaces verts, la blanchisserie…notamment
Il s’agit pour l’établissement d’amener les salariés à s’autonomiser, poser un regard sur l’organisation de leur travail, se confronter au « travail ordinaire » sans pour autant abandonner le rôle d’accompagnement et de « protection ».
Les ateliers devraient constituer un « sas » pour ensuite évoluer vers d’autres configuration de travail mais pour certains salariés cette progression est plus compliquée.
Les collectivités ont toute leur place pour fournir des missions, des demandes de prestations adaptées aux différentes situations des salariés.

Franck LETROUVE Éditeur de logiciels et société de services informatiques et consultant en accessibilité numérique

La société a travaillé pour différents ministères afin d’assurer l’accessibilité des outils informatiques de ces administrations aux personnes handicapées
Franck Letrouvé a développé une activité bénévole pour faciliter l’inclusion par l’outil numérique pour tous publics « empêchés »
Le numérique, l’informatique ne doit pas accentuer l’exclusion mais au contraire permettre d’échanger, de connaître…
Les collectivités doivent accompagner ces démarches par des actions de médiation, la mise à disposition de lieux parexemple pour se former, échanger.

Pour ces 3 intervenants l’inclusion suppose de changer de paradigmes et nécessite :

  • d’aller vers… il ne va pas de soit, pour beaucoup de personnes, de trouver le chemin vers….un droit, un logement, un travail, une aide… il faut réinterroger les pratiques et ne pas hésiter à se rapprocher des publics, mener des actions hors les murs, innover.
  • d’arrêter de penser ou d’agir pour …. mais de penser et agir avec en laissant la parole, l’initiative aux intéressés ; leurs attentes, leurs appétences pour certaines missions peuvent être très différentes ce que nous imaginons, leurs regards ne sont pas forcément les nôtres.
  • d’anticiper les évolutions sociétales, technologiques pour que chacun puisse trouver sa place et ne soit pas oublié.
  • de trouver la mission socialement utile sans relation immédiate ou automatique avec l’économie, repenser le rapport au travail.
  • il faut expérimenter, innover, évaluer, adapter.

Notre objectif

Rechercher ensemble quel rôle peut jouer la commune dans l’inclusion : vous pouvez faire part de vos idées, envies, propositions d’actions, en nous écrivant.